jeudi 15 octobre 2009
mercredi 14 octobre 2009
prépare P.31 / comment vous sentez-vous ?
g c n avec
_f
écrire sur une nappe, écrire sur un désormais, écrire sur un peut-être, écrire sur un toutefois, écrire sur un mouchoir, écrire sur un sinon, écrire sur un si, écrire sur quoi, écrire sur avant, écrire pendant, écrire sur alors, écrire sur une nappe, écrire sur avec, なほ
_f
écrire sur une nappe, écrire sur un désormais, écrire sur un peut-être, écrire sur un toutefois, écrire sur un mouchoir, écrire sur un sinon, écrire sur un si, écrire sur quoi, écrire sur avant, écrire pendant, écrire sur alors, écrire sur une nappe, écrire sur avec, なほ
mardi 13 octobre 2009
Again : not a game ...

_______________
facile de citer Perec et Roubaud ; pourtant, il s'agit bien d'écrire une longue histoire à deux // les pierres tombent sur la table comme s'écrivent des lettres dans un carnet. Dans "Meijin", Kawabata écrit le journal d'un long chemin frontière de lettres.
"en 1938, du 26 juin au 4 décembre, se déroula un tournoi historique de go, au terme duquel le grand maître Honinbo Shusai, qui n'avait jamais connu de défaite, fut vaincu par Kitani Minoru (qui devient Otake dans le récit), septième dan." Préface de Meijin, Albin Michel.
"
2.
Pour être tout à fait précis, le tournoi se termina l'après-midi du 4 décembre 1938, à 2h42. Le dernier coup fut noir 237."
lundi 12 octobre 2009
: 10 pierres ...

1
_beyond forcing move
adossé au pied du mur
où s'arrête le
métier à faire le monde /
pas à pieds
et répétés de neige.
2
_adossé à l'ombre
où deux pierres
à l'ouest
dans l'attente et /
d'une autre
foulée d'ombre.
3
_avance à quatre heures
l'entrée dans
un nouveau monde
et Bach ses Suites /
un contrepoint
de neige et d'ombres.
4
_à l'ouest
où noir de neige
est sombre
et sans clef se voûte /
aux saints vents se vouer
dans la pénombre.
5
_désemparée ou
trop d'encre à parier
que tout s'écroule
et déferlantes, l'atelier /
à suspendre
le vent par son ombre.
6
_les doigts dans
les pierres fouillent
la patience
évite de saisir, la pierre /
qui prolonge
à l'abri d'ombre.
7
_attablé de matières
au vaste monde
plus grand que la terre
mâcher le territoire /
à coup de pierres
et d'influence à neige.
8
_comme l'immense
fait corps
à mesure que les pierres
s'accordent /
la question du sens
et dans l'ordre.
9
_traiter les coins
en priorité avec une pierre
ou deux entêtées
alors indélicates /
ou convenir de s'éviter
à défaire trop d'ombres.
10
_s'accorder
le lieu de sentir
le travail des pierres
à bâtir la neige/
fouiller dans son bol
quelques appâts.
___________________
Déclarer à la douane vos lectures des Tombeaux du Consul : à coups de pinceaux et à haute voix.
Déclarer à la douane vos lectures des Soniques : recettes à base de chanteuses et autres médicalmants.
Déclarer à la douane les photos de Stéphane Louis : franchissement d'une ligne jaune // et PAS dans la marge.
dimanche 11 octobre 2009
Honinbo ...

__________________
"Nul doute qu'à première vue les poèmes d'Eric Ferrari déconcertent et dépassent l'entendement. Illisibles en effet si le lecteur n'accomode pas, comme on dit en ophtalmologie. Il lui est demandé assurément un effort premier, généreux et patient, qui implique de faire sécession avec les habitudes ordinaires de la lecture, cette manière familière et à vrai dire paresseuse de saisir dans la succession des mots et des phrases l'énoncé d'un sens immédiat. On dira un peu facilement que cela vaut pour toute poésie. Voire. Il n'est pas fréquent qu'on assume avec une si ferme intransigeance la visée poétique, qu'on porte la langue à ce point extrême de tension et de condensation alors même qu'on se soucie fort peu, comme le discret Ferrari, de provocation et d'insolence. C'est d'une autre radicalité qu'il retourne ici, celle qui, toute à son projet "d'acérer l'être", s'exerce d'abord sur soi, sur la perception et la saisie du réel et qui impose ensuite à la langue de lui être fidèle jusque dans es plus innattendues conséquences. Je veux dire donc qu'il n'y a rien de gratuit dans la façon abrupte, farouchement elliptique de notre poète. Les images qu'il nous livre sans ménagement, devant lesquelles il arrive qu'on se trouve dans un premier temps impuissant, ne sont pas l'effet d'une mécanique hasardeuse ou d'une complaisance d'esthète. Elles sont le précipité d'expériences ordinaires et communes : il se trouve seulement que ces expériences, bien qu'inscrites dans les circonstances du quotidien, sont restituées dans une formulation intense qui les débarrasse de leurs significations de surface, ces leurres dont se satisfait trop bien notre paresse à comprendre de quoi il s'agit au vrai. Voyez : le point d'émergence de l'image est toujours chez Ferrari attaché aux plus banals, aux plus concrets évènements d'une vie : des enfants qui crient, un réveil qui sonne, l'offrande d'un baiser, une chaise renversée, une vue de la foule sur place "depuis le premier étage", des boucles de cheveux dans la cuisine ...
La juxtaposition de ces instantanés d'apparence, reliés par la profondeur de l'image à leur être profond, élabore une sorte de polyphonie du réel - et c'est celle-ci qui fait sens. L'enjeu est bien, comme il est dit, de "réenchanter l'anecdote" d'être le guetteur ému, passionné même, de ces débris de nos monde vécus (ceux du dedans et ceux du dehors) dont l'éclat gardé ou ranimé par le poème est peut-être à nous autres jetés dans le froid le seul abri. Aussi faut-il bien comprendre que les poèmes de Ferrari sont des seuils, qu'ils nous demandent une traversée et nous appellent à la ferveur dans l'approche du secret de nos vies, "la ferveur comme fidélité à l'éclair".
Pas de mensonge : cette traversée est difficile, non pas seulement parce que "les seuils sont en feu" mais parce qu'il faut un acte de foi pour la tenter : croire que sous l'ombre des mots il est "un ciel renversé", sous les déblais un abri paradoxal pour les errants, "vigilants et perdus". On peut voir certes une mystique dans cette montée vers le sens, qui dénude et avive - on n'entend pas par hasard tel écho à Jean de la Croix : "Je descendais si haut" .... Mais il me semble, pour ma part, que le séjour poétique de Ferrari est ailleurs, moins dans l'ascèse que dans l'étreinte simultanément heureuse et malmenée du monde comme il va, comme il tient à l'âme et au corps, cherchant à aimer la vie "par tous les pores de notre humanité". Un lieu "entre fission et fusion", soit, mais secrètement, passionnément aimanté par l'utopie d'une fusion conciliatrice".
Préface de Jean-Pierre Siméon dans "Abris et Déblais", Eric Ferrari aux editions Cheyne.
______
Beyond forcing move
adossé au pied du mur
où s'arrête le
métier à faire le monde /
Beyond forcing move
adossé au pied du mur
où s'arrête le
métier à faire le monde /
pas à pieds
et répétés de neige.
et répétés de neige.
samedi 10 octobre 2009
vendredi 9 octobre 2009
(枕草子 - Makura no sôshi )

なほ世にめでたきもの ...
清げなるをのこの、雙六を日ひと日うちて、なほ飽かぬにや、みじかき燈臺に火を明くかかげて、敵の采をこひせめて、とみにも入れねば、筒を盤のうへにたてて待つ。
狩衣の領の顏にかかれば、片手しておし入れて、いとこはからぬ烏帽子をふりやりて、「さはいみじう呪ふとも、うちはづしてんや」と、心もとなげにうちまもりたるこそ、ほこり かに見ゆれ。
碁をやんごとなき人のうつとて、紐うち解き、ないがしろなるけしきに拾ひおくに、おとりたる人の、ゐずまひもかしこまりたる氣色に、碁盤よりは少し遠くて、およびつつ、袖の下いま片手にて引きやりつつうちたるもをかし。
____________________________________
Choses qui sont les plus belles du monde ...
Des hommes de bonne mine ont joué tout le jour au tric-trac, et sans doute n'en sont-ils pas encore fatigués, car on vient d'allumer une lampe basse, à la brillante lumière.
Comme son adversaire, en les maniant, essaye de donner aux dés une vertu magique, et ne se presse pas de les mettre dans son cornet, l'un des joueurs pose le sien tout droit sur le plateau, et il attend. Il rentre d'une main, le col de son habit de chasse qui lui couvrait le visage ; il ôte son bonnet, dont l'étoffe n'est pas rigide ; il l'agite ; puis il dit : "Si vous perdez, après toutes ces incantations..." D'un air impatient, il regarde fixement son adversaire, il parait tout glorieux.
Pour jouer au go, un homme de qualité a dénoué le cordon de son manteau de cour, et négligemment il ramasse les pierres ou les pose sur le plateau. Cependant son adversaire, qui est d'une condition inférieure, se tient assis respectueusement, le dos courbé, à quelques distance du goban ; de sa main libre, il en écarte, tandis qu'il joue, le bas de sa manche. C'est ravissant.
(Notes de chevet, Sei Shonagon, d'après la traduction d'André Beaujard)
清げなるをのこの、雙六を日ひと日うちて、なほ飽かぬにや、みじかき燈臺に火を明くかかげて、敵の采をこひせめて、とみにも入れねば、筒を盤のうへにたてて待つ。
狩衣の領の顏にかかれば、片手しておし入れて、いとこはからぬ烏帽子をふりやりて、「さはいみじう呪ふとも、うちはづしてんや」と、心もとなげにうちまもりたるこそ、ほこり かに見ゆれ。
碁をやんごとなき人のうつとて、紐うち解き、ないがしろなるけしきに拾ひおくに、おとりたる人の、ゐずまひもかしこまりたる氣色に、碁盤よりは少し遠くて、およびつつ、袖の下いま片手にて引きやりつつうちたるもをかし。
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Choses qui sont les plus belles du monde ...
Des hommes de bonne mine ont joué tout le jour au tric-trac, et sans doute n'en sont-ils pas encore fatigués, car on vient d'allumer une lampe basse, à la brillante lumière.
Comme son adversaire, en les maniant, essaye de donner aux dés une vertu magique, et ne se presse pas de les mettre dans son cornet, l'un des joueurs pose le sien tout droit sur le plateau, et il attend. Il rentre d'une main, le col de son habit de chasse qui lui couvrait le visage ; il ôte son bonnet, dont l'étoffe n'est pas rigide ; il l'agite ; puis il dit : "Si vous perdez, après toutes ces incantations..." D'un air impatient, il regarde fixement son adversaire, il parait tout glorieux.
Pour jouer au go, un homme de qualité a dénoué le cordon de son manteau de cour, et négligemment il ramasse les pierres ou les pose sur le plateau. Cependant son adversaire, qui est d'une condition inférieure, se tient assis respectueusement, le dos courbé, à quelques distance du goban ; de sa main libre, il en écarte, tandis qu'il joue, le bas de sa manche. C'est ravissant.
(Notes de chevet, Sei Shonagon, d'après la traduction d'André Beaujard)
mercredi 7 octobre 2009
Où ...
son vivant // son exceptionnelle // son égérie // qu'un falsificateur // invraisemblable // chronique & simple récit, voyage // voyage musical // son désir de musique (1) / et folie d'aimer.
mais poignée de personnages // & désirs // où dans une ville cannibale et véritable // par intelligence et / invasion // envahissement // profondément humaniste // comme L.A.
_______________
(1) : récolter quelques mots / & recherchent des interprètes pour accompagner ses troupes de mots récoltés au soleil
mais poignée de personnages // & désirs // où dans une ville cannibale et véritable // par intelligence et / invasion // envahissement // profondément humaniste // comme L.A.
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(1) : récolter quelques mots / & recherchent des interprètes pour accompagner ses troupes de mots récoltés au soleil
mardi 6 octobre 2009
Programme ...
lundi 5 octobre 2009
mot ...
Un mot c'est une citadelle, une montagne à gravir avec peu de moyens, que le souffle seul, que la force des mains seules, un mot aveugle est cité fermée par citadelle, cécité, cité imprenable, protégée par hauts murs de terre infranchissables, haut lieu friable de pierres, et sans meutrières ; un mot c'est un jardin avec des clefs, avec un fouilli de vents, agitement de toutes sortes, sons qui s'inventent sons et zinguent, progression difficile.
Un mot c'est un parebrise brisé ; résiste, un mot ça fait du vent, ça décoiffe, l'arrivée dit que le départ est oublié, alors le relier avec gite et maisons d'hôtes, patience, conduire le mot à deux mains. Lire avec un rétroviseur, voilà tout. Recopiage de signatures, rangement de mots sur les étagères avec espace, avec insistance, avec citadelle et apprentissage des plans de galeries.
(Un mot est une galerie adossée à même la façade du mot, mais cachée, mais masquée, mais dissimulée dans la terre de la citadelle / et du verger noir. Doucement dans la main, le ténor se réveille et dit : "Le mot qui est voix ! le mot qui devient voix !" et langage / ce travail des mots réveillés de la terre)
Un mot c'est un parebrise brisé ; résiste, un mot ça fait du vent, ça décoiffe, l'arrivée dit que le départ est oublié, alors le relier avec gite et maisons d'hôtes, patience, conduire le mot à deux mains. Lire avec un rétroviseur, voilà tout. Recopiage de signatures, rangement de mots sur les étagères avec espace, avec insistance, avec citadelle et apprentissage des plans de galeries.
(Un mot est une galerie adossée à même la façade du mot, mais cachée, mais masquée, mais dissimulée dans la terre de la citadelle / et du verger noir. Doucement dans la main, le ténor se réveille et dit : "Le mot qui est voix ! le mot qui devient voix !" et langage / ce travail des mots réveillés de la terre)
dimanche 4 octobre 2009
5.
Soleil et bleu sur Corcolan. Lario, César veille au coin de la rue. Il est 15h00 et j'ai trois ans. Avec les mêmes voitures et Bali, toujours Bali au fond de la mer.
samedi 3 octobre 2009
vendredi 2 octobre 2009
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